-blabla- Gutterpunk, Édition 8.6 - Actualités
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Publié le 19/03/2026 | Par L'Équipe Roxxe'N Roll

Gutterpunk, Édition 8.6


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Un beau défi. Quand on est un tout jeune éditeur au nom chelou (Éditions Skaldirion), se lancer dans un projet de VF d’un jeu inconnu au bataillon (Gutterpunk, donc) et réussir à le foulancer les doigts dans le nez, ce serait un exploit éditorial remarquable. Bon, à vrai dire, on n’en est pas encore là avec le foulancement en cours mais il reste beaucoup de temps. Cela laisse de quoi faire parler le jeu, d’enclencher, on l’espère, un phénomène de bouche à oreille qui saura intéresser notre public francophone à ce jeu résolument punk. Comptez en tout cas sur Pierre-Antoine, le boss des Éditions Skaldirion, pour tenter de vous en convaincre.

 

1. C’est le premier projet d’un nouvel éditeur et vous partez donc sur la FV d’un jeu… euh… pas très connu en VO. C’est un pari idiot ou bien vous êtes vraiment des punks ?!

Je dirais les deux ! Un pari est souvent idiot et quand ça fonctionne, c’est satisfaisant. Ce jeu n’est effectivement pas connu mais il s’est quand même fait remarquer en étant nommé en 2024 au Indie Groundbreaker Awards dans la catégorie « Meilleur Cadre ». Et puis beaucoup d’éléments du jeu m’ont plu : la DA façon fanzine, le monde, le système simple à prendre en main, la musique qui est magique (et que l’on peut transformer en véritable musique). J’ai pris ce pari « idiot » car je pense que le jeu peut trouver son public.

Et je pense avoir un esprit assez punk pour me considérer comme tel. Ça fait plus d’une vingtaine d’années que je fréquente la scène punk rock, dont 17 ans en tant que bassiste dans un groupe. Et on va dire que je porte beaucoup plus à gauche qu’à droite !


2. Ce choix, alors, il a été fait parce que c’était une des rares licences pas déjà entre les mains d’un éditeur VF ou bien c’est vraiment par passion pour son sujet assez particulier ?

Encore une fois, je dirais les deux ! Il y a des licences super intéressantes, qui ont déjà un public mais impossible à atteindre quand tu viens de lancer ta structure, car pas de référence pour montrer que tu peux porter le projet ou pas assez de finances pour assumer un prix de licence trop élevé. Et parfois, c’est l’auteur ou l’éditeur VO n’a pas envie de s’engager dans ce genre de projet. On a envie d’amener des jeux intéressants dans la communauté francophone et c’est dommage de voir ce genre de refus, justifié bien sûr, parce que, selon moi, le risque est en très grande majorité sur les éditeurs qui choisissent de faire la traduction.

Et puis ce choix c’est surtout l’occasion de réunir mes deux passions, le jeu de rôle et la musique punk.

3. Entre le nom qui semble plutôt nous diriger vers les punks à chien et les illus qui semblent plutôt nous conduire vers les punks à guitare, je suis un peu perdu : on joue quel type de punk exactement dans Gutterpunk ?

On joue des punks, pourquoi compliquer les choses ? En vrai, on joue des musiciens, qui font du punk, et qui se retrouvent dans le monde de Gutter. On n’arrive pas souvent dans ce monde de son plein gré, on s’y perd et on doit surtout y survivre. Gutter exagère ce que les punks aiment ou exècrent (la police prend la forme de poulets ou de vaches anthropomorphes, par exemple). C’est pour ça qu’il n’y a pas vraiment de type de punk, tant que l’esprit est là !

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4. En fait, tu sais, moi, je suis vieux. Alors, ce projet, il me fait irrésistiblement au mythique jeu français, Zone. Tu connais ?

Non, inconnu au bataillon. Je suis « vieux » selon ma carte d’identité mais un jeunot dans le jeu de rôle.

5. Il n’y a pas si longtemps, je faisais une interview avec Côme Martin pour le foulancement de sa trilogie punk. Qu’est-ce qui se passe exactement ? Punk vraiment pas mort alors ?

Punk jamais mort surtout ! Souvent fatigué, parfois en gueule de bois mais toujours vivant ! Et pas besoin d’avoir une crête, une 8.6 à la main ou un perfecto rempli de pins ou d’épingles, tant qu’il y aura quelqu’un pour se battre contre le gouvernement ou l’Autorité, le punk sera toujours là. Et puis le côté DIY (do it yourself) fait partie intégrante de l’esprit punk et de ce côté là, la trilogie punk de Côme Martin représente bien ça.

6. Oh, attends, arrête tout. Riffs, tempo, distorsion… mais il faut être un vrai musicos pour jouer à Gutterpunk, en fait ! C’est mort pour moi : j’ai pris flûte à bec quand j’étais au collège. Je peux pas jouer du coup ?

On voit peu de flûte dans les groupes punk mais ne t’inquiètes pas, tu peux jouer sans problème. Il y a beaucoup de termes liés à la musique mais tout est expliqué dans le livre. C’est un système minimaliste, avec uniquement des d6. Pour les joueuses, c’est tout simplement 1d6 + un trait contre un jet du MJ (le Taulier) d’1d6 + le Tempo. Le Tempo défini la difficulté de la scène qui est jouée.

C’est plus le système de magie qui va jouer avec la musique. Il est fait pour pouvoir générer de la musique avec le résultat des dés. Donc même si tu n’es pas musicien, tu peux prendre ces résultats, les mettre dans un logiciel type GarageBand et sortir quelque chose d’écoutable. Et si tu connais la musique, tu peux le faire plus facilement et en plus, il y a des règles avancées qui te donnent plus de détails sur les accords.

7. Vous avez monté la structure Éditions Skaldirion pour ce projet mais est-ce que vous avez une idée de la suite de votre catalogue ?

Oui. En termes de traduction, il y a des choses très bien avancées et d’autres en cours de discussion. Et en termes de création, il y a aussi des projets sur le feu, ça mijote tranquillement. Le punk sera encore présent dans quelques projets mais ça ne sera pas la seule DA des Éditions Skaldirion. Si tout va bien, le prochain projet devrait être annoncé bientôt et le financement devrait arriver avant la fin de l’année.

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